Voici l'histoire méconnue de « Georgia On My Mind », une chanson phare à l’histoire ambiguë.
Après avoir été popularisée par Ray Charles en 1960, la chanson Georgia On My Mind est devenue l’hymne officiel de l’État américain de Géorgie. Pourtant, elle est chargée d’une histoire ségrégationniste, et n’a dévoilé ses véritables origines seulement quarante-six ans après sa création.
Difficile de trancher. La chanson Georgia On My Mind, écrite en 1930 par le compositeur américain Hoagy Carmichael, est-elle une ode adressée à une femme nommée Georgia, ou une déclaration d’amour à l’État sudiste et ensoleillé ? Un peu des deux, finalement.
Un tube controversé
Quoi qu’il en soit, cette ballade, devenue un standard de la musique états-unienne d’avant-guerre, a connu une renommée mondiale après que le chanteur et pianiste Ray Charles l’a reprise en 1960, la transformant en un tube habité, mais également controversé. Car, comme bien souvent dans les histoires de reprises, le sens premier de la chanson s’est retrouvé affecté par cette réinterprétation, dans un contexte de ségrégation et de lutte pour les droits civiques aux États-Unis.
Hymne politique
Retour en 1930 donc, année où Hoagy Carmichael, né plus au nord dans l’Indiana, a l’idée de composer une ballade, sans pour autant savoir quelles paroles y accoler. Il fait alors appel à l’auteur confidentiel Stuart Gorell qui lui fournit la matière textuelle de sa chanson. Il se trouve que Carmichael a une sœur dénommée Georgia, et que Gorell s’en inspire pour lui souffler le contenu, sans penser à l’État du même nom. En tout cas, c’est ce que raconte la version officielle qui fera autorité durant plus de quarante-cinq ans.
Une fois la chanson devenue un classique, reprise notamment en 1931 par Louis Armstrong, Ray Charles, originaire de la ville d’Albany en Géorgie et alors au sommet de sa gloire, décide d’y aller de sa propre version, de transformer Georgia On My Mind en un hymne politique au début des sixties.
OuestFrance
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