(Fletcher Henderson - Don't Let The Rhythm Go To Your Head, 1938)
C’est une irruption soudaine, une éruption solaire qui va exploser dans l'orchestre de Fletcher Henderson : celle de Louis Armstrong qui, à 23 ans, vient de quitter Chicago et King Oliver pour rejoindre New York et son rendez-vous avec la gloire…
L’arrivée de Satchmo fut décisive dans l’évolution des conceptions orchestrales de « Smack », comme l’appelaient ses musiciens. Comme celle de l’arrangeur Don Redman. C’est avec ce dernier que Fletcher inventa, sans le savoir, sans le vouloir, le big band de la « swing era ». Tous les deux avaient trouvé la solution résolument « jazz » au problème posé par le fonctionnement d’une formation composée de neuf musiciens. Comment s’échapper de la joyeuse mais brouillonne polyphonie néo-orléanaise ? Comment imaginer un nouveau langage orchestral ? D’abord en inaugurant un véritable travail des sections, chacune considérée comme une entité homogène et indépendante : trois trompettes, deux trombones, trois saxophones, le tout propulsé par une section rythmique piano, basse et batterie. Cette instrumentation s’impose encore comme la norme du grand orchestre de jazz. Cette formule magique a peu varié avec le temps.
Pour « nourrir » l’orchestre de musique, Henderson et ses complices conçurent une technique souple d’écriture par pupitres séparés, en usant, bien avant Basie, de ces petites phrases rythmiques que sont les « riffs », mais aussi en jouant sur des « arrière-plans » sonores (Backgrounds), destinés à soutenir, relancer ou envelopper l’intervention de chaque soliste.
DocteurJazz
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